dimanche 10 mai 2009

Les mines d'argent de Potosi

Potosi, ville coloniale à 4000 mètres d´altitude, non dénuée de charme, est surtout le lieu du Cerro Rico (la Riche Montagne) véritable gruyère puisque percée de nombreuses mines. Autrefois le minerai-roi était l´argent ; aujourd´hui on extrait surtout du zinc et du cuivre. Les mineurs ne sont aujourd´hui plus employés pas l´état, mais travaillent en indépendants, parfois regroupés en coopératives, et ils gagnent 1000 pesos (100 euros) par mois quand ils ont de la chance. Ils n´ont souvent pas les moyens de s´acheter des masques de protection, et meurent souvent de problèmes pulmonaires au bout de 10 ans. Certains commencent à l´âge de 14 ans. Enfin, ceux qui ne font pas partie d´une coopérative travaillent encore à la main: barre à mine, marteau, dynamite et sac à dos sont leurs outils. Pas de marteau pneumatique, pas de wagon de 2 tonnes, pas de winch électrique pour remonter les minerais à la surface.

On peut visiter ces mines, et j´ai donc rapporté quelques photos. On peut voir un petit gaillard, la joue déformée par les feuilles de coca qui l´aident à supporter la fatigue, la faim et l´altitude.




Pour mémoire: Koala Den, calle Junin, auberge top à Potosi.

mardi 5 mai 2009

Le salar d'Uyuni

Première ville (ou village) en Bolivie: Tupiza, 2850 mètres d´altitude.

De là, on part pour une rando de 3h jusqu´au cañon del inca. Mais, arrivé au canyon, on ne se laisse pas démonter par le premier obstacle venu. On escalade un peu, on évite les petits serpents et on continue à remonter le canyon pour finalement faire une boucle de 7h dans des paysages à couper le souffle.


Puis, le 2 mai, on part avec 2 américains faire une excursion de 4 jours dans le sud-ouest bolivien. Comme tous les routards du coin, on loue un 4x4 avec chauffeur (Marco) et cuisinière (Ruth).

En Patagonie et dans le nord-ouest argentin, on pensait que les routes étaient difficiles... Mais au moins, il y avait des routes. Là, il y a parfois des routes, et parfois non. Le 4x4 se fraie un passage comme il peut dans les grandes plaines rocailleuses de l´altiplano, à travers des petites rivières plus ou moins profondes. Quand il y a des routes, elles ne sont absolument pas praticables en voiture normale: des trous et des gros cailloux parsèment notre chemin.

On dort dans des refuges ultra-basiques, ou chez l´habitant. Ces régions sont très pauvres. On passe parfois par des villages fantômes, anciens centres miniers.

On évolue entre 4000 et 5000 mètres. A cette altitude, on souffre en permanence d´un mal de tête que l´on essaye de combattre en buvant de la poudre de feuille de coca (dont est extraite la cocaïne) dilué dans des jus de fruit. Notre chauffeur et la cuisinière mâchent des feuilles de coca brutes, mais c´est trop amer pour nous.

Les paysages sont fabuleux: des montagnes multicolores, des lagunes bleues, vertes, rouges, des flamants roses par centaines, et le clou du l´excursion: le salar d´Uyuni, que l´on découvre pendant le lever du soleil: 12000 km2 d´étendue salée à 3700 mètres d´altitude, immensité blanche, silencieuse, solitaire. Vraiment impressionnant.

Quelques photos et vidéos pour découvrir tout ça:





Pour mémoire: Hotel Mitru, hôtel top à Tupiza.

jeudi 30 avril 2009

Ciao Argentina !

Et voilà, l´Argentine, c´est fini ! 2 mois quand même !

64 jours en Argentine.
1 jour et 50 km de vélo (!)
Dépense: 36 euros par jour en moyenne.

Ce dont je me souviens le plus:
- Les grandes étendues de la Patagonie.
- Les montagnes multicolores du nord-ouest.
- Les glaciers (Grey et Perito Moreno).
- Les chutes d´Iguazú.
- L´ambiance plus européenne qu´américaine des grandes villes.
- Enfin des bons repas (locros, empanadas, humitas, bife de chorizo, ravioli et pâtes...).

Itinéraire effectué en Argentine et au Chili:

Toutes les photos de l´Argentine et du Chili:
Argentine-Chili

lundi 27 avril 2009

Autour de Salta ...

... ou le Grand Nord argentin.

Nous avions été bluffés par le sud Argentin, notamment la Patagonie !

Mais le nord de l´Argentine est encore plus envoûtant. Des montagnes aux minéraux multicolores sous des sommets enneigés. Des animaux moins sauvages que leurs cousins du sud. Des grandes étendues sauvages. Des salars d´un blanc immaculé. Le tout sans le froid et le vent des territoires austraux, et avec le charme des populations indigènes (d´origine indienne) en plus.
Toutes ces merveilles se découvrent autour de Salta, dans la vallée Calchiaquíes, le canyon de Cafayate, la vallée de Purmamarca et le canyon de Humahuaca.

On loue une voiture pour 5 jours pour aller à Cachi, à Cafayate (où l´hôtel Ruta 40 nous accueille sur les matelas les plus confortables d´Amérique du Sud), à San Antonio de los Cobres et Purmamarca.

Nous sommes bien dans les Andes : les routes serpentent à 3500 mètres d´altitude, au milieu des lamas et des villages indigènes où les villageois (de très petite taille) mâchent des feuilles de coca pour éviter le mal d´altitude (nous aussi d´ailleurs). Les maisons sont en adobe (briques en terre séchée), les vêtements sont de plus en plus traditionnels. Le nettoyage des rues se fait à la main, à l´aide de feuilles de palmier séchées faisant office de balai. Les Carrefour ultra-modernes des villes font place aux petites épiceries sombres aux étagères bancales sur lesquelles se battent 2 ou 3 conserves périmées au milieu de baguettes rassies ("pan francés"), et aux marchés traditionnels aux légumes de toutes formes et de toutes couleurs, où les très jeunes vendeuses, entre deux clients, donnent le sein en public à leur progéniture.

La vie s´écoule lentement, tranquillement. On n´est pas pressé: demain viendra bien assez tôt. Pas de doute: on s´approche de la Bolivie ; on est au coeur de territoires andins. Ca fait du bien de quitter le monde aseptisé de l´Argentine moderne et de battre la poussière des Andes.

Une particularité du coin: les "cardónes", cactus endémique du nord argentin et chilien (et sud bolivien). Son bois est utilisé pour la fabrication de meubles et de portes.

Dans la vallée Calchiaquíes, le deuxième jour: crevaison !! Heureusement, la roue de secours est saine, et une gomeria (le Géo-Trouvetou présent dans chaque agglomération) du coin nous répare même la roue crevée pour 12 pesos. Ouf ! L´agence Hertz n´y verra que du feu !

A Cafayate, un couple d´Argentins voyageant en vélo nous invitent à leur asado (barbecue) que l´on déguste en papotant de voyages, de vélos, de différences culturelles, de crises économiques passées et présentes, de Cuba ...

Le canyon de Cafayate est une succession de formations géologiques étonnantes. Un immense "amphithéâtre" rocheux possède une acoustique hors pair:


On passe sans trop s´arrêter à San Antonio de los Cobres, ancienne ville minière déchue, poussiéreuse et déprimante, loin de tout et à 3800 mètres d´altitude, dont le seul mérite est d´être le terminus du fameux "Train des nuages" (Tren a la nubes). On croise cependant des touristes inattendues:

Après San Antonio, on fait les fous dans le salar Salinas Grandes: en voulant sortir de la piste peu carrossable, on s´embourbe sérieusement ! Après quelques essais infructueux de désembourbement, on se rend à notre triste sort: revenir à pied sur la route principale et attendre patiemment le passage hypothétique du prochain camion qui voudra bien s´arrêter pour nous tirer d´affaire. Problème: il est déjà 17h30, la nuit tombe à 18h30 et les nuits sont froides, à 3400 mètres d´altitude ! Providence: un camion nous rejoint avant même qu´on ait eu le temps de faire 300 mètres vers la route ! En presque moins de temps qu´il ne le faut pour l´écrire, il nous remet les roues sur la piste !



A Purmamarca, la fameuse montagne aux sept couleurs nous émerveille les sens. A Tilcara, on piquenique seuls sur un rocher au fond d´un canyon ensoleillé. Et enfin Salta, où la spécialité semble être les délicieuses pâtes et raviolis maison (et où l´hôtel Salta Por Siempre très confortable), fut notre base avant et après ce périple de 5 jours.






Quelques liens Wikipedia pour plus d´informations sur:

samedi 18 avril 2009

Bariloche - Mendoza - Cordoba


A Bariloche, donc, c´est pluie, pluie et re-pluie.

C´est dommage, car cette région (la région des lacs) est censée être magnifique. Au lieu de paysages superbes, le programme se compose de repos, jacuzzi, massage, restos. On profite à fond de notre superbe hôtel-spa "Tango Inn Soho".

Comme le mauvais temps est général sur toute la Patagonie et la région des lacs (argentine et chilienne), on remonte directement vers Mendoza, la région des vins.


A Mendoza, on sort de l´hiver pour retrouver des températures beaucoup plus clémentes (24 à 28 degrés) et surtout un grand ciel bleu.

Là, on continue notre programme de repos-resto (dans l´un des meilleurs hôtels backpacker de mon voyage: Damajuana), entrecoupé d´une visite d´une bodega (domaine viticole) et d´une journée dans les Andes en voiture de location, qui nous amène aux abords d´un lac magnifique d´abord, puis en vue du plus haut sommet des Amériques (6950m): l´Aconcagua.




Et surtout, on passe devant une auberge qui porte un nom qui me dit quelque chose ...


Puis nous filons à Cordoba (12h de bus). Nous sortons enfin des ghettos touristiques (Calafate, Bariloche, Mendoza) pour respirer l´air d´une ville étudiante où chaque coin de rue abrite une librairie, un club de musique, un resto végétarien aux prix d´une cantine, un parking de scooters, un cinéma d´art et d´essai.


On a l´agréable impression de mener une vie urbaine normale (sauf que c´est dimanche tous les jours). On sort dîner, ou on sort voir un petit spectacle voix et guitare, on va au théâtre, on se promène en ville, je m´offre une séance pédicure, on prend un cours de salsa, et on croise l'ombre d'un monstre: